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 Maternité de Befelatanana-Lettre ouverte à Messieurs le Ministre de la Santé

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carmelo
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MessageSujet: Maternité de Befelatanana-Lettre ouverte à Messieurs le Ministre de la Santé   Mer 30 Nov - 17:56

Lettre ouverte
mercredi 30 novembre 2011



Lettre ouverte à Messieurs le Ministre de la Santé, le Secrétaire général du Ministère de la Santé, le Directeur général du CHU d’Antananarivo et le Directeur de l’Établissement maternité de Befelatanana

Son Excellence, Messieurs,

Je tenais à porter à votre connaissance par voie de presse interposée l’incident survenu le matin du dimanche 27 novembre 2011 à la Maternité de Befelatanana d’Antananarivo où un nouveau-né n’a pas survécu car le personnel de santé présent sur place n’a pas été en mesure de juger ni de l’urgence ni de la sévérité de la situation, ni de l’importance de la vie - celle de la mère et du bébé.

Ce dimanche 27 novembre en début d’après-midi, une jeune accouchée perd son premier enfant après avoir souffert toutes les affres des contractions pré-accouchement depuis la veille. Elle est venue au Service des Urgences de la Maternité Befelatanana le samedi 26 Novembre vers 5 heures du matin, sentant les contractions venir et se rapprocher. Elle a été ensuite orientée vers le second étage de l’établissement en question ; les contractions se succèdent tout au long de la journée sans qu’aucun personnel médical de cet étage daigne jeter un coup d’oeil ou venir à son chevet. Tout au long de la journée, aucun suivi ne lui a été fait, pas de visite ni de partogramme, rien ! Il faut dire que cette parturiente a été suivie en CPN par un médecin qui n’a pas été de garde ce samedi-là, et que par dessus le marché, elle a le malheur d’être une malgache de condition modeste, aussi aucun des « médecins » et « sage-femmes » présents dans l’étage ne se sont sentis obligés de s’en occuper, la laissant sans assistance à ses douleurs d’enfantement pendant presque 10 heures. À 23 heures 30 du soir du samedi 26 la parturiente fait une crise d’asthme et est transférée au premier étage du même établissement où elle a été mise sous sérum et oxygène. Et une fois de plus, plus aucun autre soin, plus de visite du personnel médical, toujours pas de partogramme, rien ! Elle a été laissée à elle-même toute la nuit pendant laquelle elle a rapporté avoir senti le bébé encore bouger et les contractions survenir de temps à autre. Le lendemain dimanche 27 novembre à 08 H du matin, un membre de la famille qui est venu lui rendre visite signale que l’avant-bras de la parturiente est tout gonflé parce qu’en fait le sérum qui lui est administré par voie intraveineuse a fait fausse route sans que le personnel de garde ne s’en soit aperçu ni s’en est occupé et pour cause, personne n’est passé de toute la nuit. Toute la matinée du dimanche, toujours pas de visite ni de soins ni rien malgré des appels au secours constants auprès du personnel en service. À 15 heures de l’après-midi, la femme se fait finalement accoucher par voie basse d’un bébé mort.

J’estime que ces faits doivent être rendus public car il est intolérable qu’à Madagascar, et de surcroît dans la capitale et au début du IIIème millénaire, donner la vie équivaut encore pour une mère à frôler la mort. J’accuse ici la non-assistance à personne en danger dont a fait preuve le personnel de la Maternité de Befelatanana en service et de garde au second étage le samedi 26 novembre et au premier étage le dimanche 27 novembre. J’aimerais surtout vous interpeller pour que vous réalisiez qu’à moins de 5 kilomètres du siège de votre ministère, une mère malgache fasse encore l’expérience de perdre son enfant en couches pour des raisons qui auraient pu être évitées. Ceci pour que vous fassiez face à votre responsabilité afin de redresser la situation, car en tant qu’autorités, vous devez agir en conséquence.

Je ne pense pas que ceci soit un fait isolé. Certains vont également affirmer que cela n’a rien d’extraordinaire en soi. Ce serait même plutôt monnaie courante, du moins pour le personnel de santé malgache. Soit, mais sachez que ceci est la pire des expériences et des plus traumatisantes pour un jeune couple qui commence sa vie de parents et que je ne la souhaite à personne, l’ayant vécue moi-même des années auparavant. Un nouveau-né qui meurt à la maternité parce que sa mère est de background modeste et donc laissée sans suivi, voire à l’abandon ! Je suis convaincue que cela aurait pu être évité si les « médecins » et sage-femmes de garde et en service ce week-end-là auraient été un tant soit peu conscienceux, responsables, humains et compatissants, mais c’est certainement hors de leurs termes de référence ? Monnaie courante ai-je dit, mais apparemment sans que vous n’en ayez a priori ni connaissance ni conscience ni cure, ou les trois, vu que de telles morts bêtes mais inacceptables dans un établissement supposé « hospitalier » continuent à sévir.

Messieurs et mesdames de la « santé » -mais est-ce bien le terme approprié-, tel incident n’est finalement pour vous que d’un lieu commun et banal, cette mère ne sera ni la première ni la dernière à perdre son enfant en couches. Certes, mais alors, À QUOI VOUS SERVEZ ? Si vous n’avez aucune passion pour votre métier, si vous n’avez aucun respect pour les malades, de grâce cessez de mobiliser et d’éduquer la population à venir mourir, pardon accoucher, en milieu « hospitalier » car c’est malhonnête et trompeur. Je me demande comment ceux de cette maternité Befelatanana - ils se reconnaîtront certainement - qui ne sont animés que par la cupidité et qui sont notoires pour leur négligence sont encore habilités à exercer impunément dans un établissement dit « hospitalier » public ? Comment arrivent-ils à trouver sommeil le soir et à se regarder dans la glace le matin ? Mais en fait, finalement ceci est leur problème ; le mien à la date d’aujourd’hui, c’est comment faire pour éviter de perdre son bébé en accouchant à la maternité Befelatanana ? Dans mes rêves certainement.

Salutations distinguées et à bon entendeur.

Madame Ando Raobelison
Westlands - Nairobi - Kenya
raobelison@gmail.com
+254734700998
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